Les forces soviétiques, trompées par la CIA, envahissent l’Afghanistan

L’Union Soviétique envahit l’Afghanistan. Elle se retirera en 1989, après une guerre brutale de 10 ans. Il est généralement reconnu que l’invasion n’a pas été provoquée. Néanmoins, dans un entretien en 1998, Zbigniew Brzezinski, conseiller du président Jimmy Carter sur la sécurité nationale, révèlera que la CIA avait commencé à déstabiliser le gouvernement Afghan pro-soviétique six mois plus tôt, dans une tentative délibérée d’amener les Soviétiques à envahir le pays, et ainsi vivre leur propre guerre coûteuse, du type de celle du Vietnam (voir Juillet 1979). Brezinski demandera de façon rhétorique, « Qu’est-ce qui est le plus important pour l’histoire du monde ? Les talibans ou la chute de l’empire soviétique ? Quelques musulmans excités ou la libération de l’Europe centrale et la fin de la guerre froide ? » [Le Nouvel Observateur (Paris), 2/1998; Mirror, 1/3/2002] Les EU et l’Arabie Saoudite donnent d’énormes sommes d’argent (les estimations s’élèvent à un total de 40 milliards US$ sur l’ensemble de la guerre) pour soutenir les guérilleros moudjahiddins contre les Russes. La majeure partie de cet argent est gérée par l’ISI, l’agence de renseignements du Pakistan. [Nation, 15/3/1999]

 

Personnes et organisations impliquées : Agence Centrale de Renseignement (CIA) y, Etats-Unis , Arabie_Saoudite, Zbigniew Brzezinski, Talibans




Début 1980 : Ousama ben Laden, avec des appuis saoudiens, soutient les rebe

Ousama ben Laden commence à fournir une aide financière, organisationnelle et d’élaboration aux moudjahiddins en Afghanistan, avec le conseil et le soutien de la famille royale saoudienne. [New Yorker, 5/12/2001] Certains, dont Richard Clarke, « tsar » de la lutte anti-terroriste sous les administrations Clinton et George W. Bush, pensent qu’il a été choisi pour ce travail par le Prince Turki al-Faisal, chef des services secrets d’Arabie Saoudite. [Sunday Times (Londres), 25/9/2002; New Yorker, 5/12/2001] L’ISI pakistanaise voulait un prince saoudien comme preuve de l’implication de la famille royale saoudienne, et comme moyen d’assurer des fonds royaux aux forces anti-soviétiques. L’agence échouera à convaincre la royauté, mais ben Laden, avec ses relations familiales, est assez bon pour l’ISI. [Miami Herald, 24/10/2001] (Clarke avancera plus tard que les Saoudiens et autres gouvernements musulmans utilisaient la guerre en Afghanistan pour se débarasser de leurs propres désaxés et fauteurs de troubles.) Cette force multinationale se refondit plus tard en al-Qaida. [Clarke, 2004]

 

Personnes et organisations impliquées : al-Qaida, Richard A. Clarke, Ousama ben Laden, Turki bin Faisal bin Abdul Aziz al Saud




1982-1991 : La production d’opium afghan s’envole

La production d’opium afghan passe de 250 tonnes en 1982 à 2.000 tonnes en 1991, coïncidant avec le soutien et le financement des moudjahiddins par la CIA. Alfred McCoy, un professeur d’histoire de l’Asie du sud-est à l’université du Wisconsin, prétend que les agents des renseignements américains et pakistanais approuvèrent le trafic de drogue des rebelles à cause de leur opposition farouche aux Soviétiques : « Si leurs alliés locaux étaient impliqués dans le trafic de stupéfiants, ça n’a pas gêné la CIA. Ils voulaient continuer à travailler avec des gens fortement impliqués dans les stupéfiants. » Par exemple, Gulbuddin Hekmatyar, un meneur rebelle qui reçut près de la moitié des armes clandestines de la CIA, était connu comme l’un des principaux trafiquants d’héroïne. Charles Cogan, qui dirige les opérations de la CIA en Afghanistan, prétendit plus tard ne pas avoir été au courant du commerce des drogues : « Nous n’avons découvert que plus tard. » [Atlantic Monthly, 6/1996; Star-Tribune (Minneapolis), 30/10/2001]

 

Personnes et organisations impliquées : Alfred McCoy, Gulbuddin Hekmatyar, Central Intelligence Agency (CIA), Charles Cogan




1984 : Ben Laden tisse des liens avec l’ISI pakistanaise et un seigneur de

Ben Laden va à Peshawar, une ville pakistanaise en bordure de l’Afghanistan, et aide au fonctionnement d’une organisation de façade pour les moudjahiddins, connue sous le nom de Maktab al-Khidamar (MAK), qui canalise l’argent, les armes et les combattants de l’extérieur jusqu’à la guerre afghane. [New Yorker, 24/2/2000] « La MAK est approvisionnée par les services de sécurité nationaux du Pakistan, l’agence de renseignements Inter-Services, ou ISI, le principal intermédiaire de la CIA pour la conduite de la guerre secrète contre l’occupation de Moscou. » [MSNBC, 24/9/1998] Ben Laden se lie étroitement au seigneur de guerre Gulbuddin Hekmatyar, et développe fortement les opérations de contrebande d’opium de Hekmatyar. [Le Monde (Paris), 10/14/2001] Hekmatyar, qui est aussi lié à ben Laden, la CIA, et le commerce de drogue, a été appelé « un comparse et une création de l’ISI. » [Asia Times, 15/12/2001]

 

Personnes et organisations impliquées : Gulbuddin Hekmatyar, directorat pakistanais pour le renseignement inter-services, Maktab al-Khidamar, Ousama ben Laden, Central Intelligence Agency (CIA)




1984-1994 : Les EU financent des manuels militants pour l’Afghanistan

Les EU, via l’USAID et l’université du Nebraska, dépensent des millions de dollars à l’élaboration et l’impression de manuels pour les écoliers afghans. Les manuels sont remplis d’images violentes et d’enseignements islamiques militants. Ils font partie des tentatives cachées d’exalter la résistance à l’occupation soviétique. Par exemple, on apprend à compter aux enfants avec des illustrations de chars, de missiles, et de mines terrestres. Faute d’alternative, des millions de ces manuels sont utilisés longtemps après 1994; les talibans les utilisent toujours en 2001. En 2002, les EU commenceront à produire des versions moins violentes des mêmes manuels, dont le président Bush dira qu’ils auront « du respect pour la dignité humaine, au lieu d’endoctriner les étudiants avec du fanatisme et de la bigoterie » (Il oubliera de mentionner qui avait conçu les premiers livres). [Canadian Broadcasting Corporation, 6/6/2002; Washington Post, 23/4/2002]

 

Personnes et organisations impliquées : l’université du Nebraska, USAID, les talibans, George W. Bush




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